Écosystème SAP


J'ai consulté Wikipédia : „ Au sens économique, un écosystème désigne un réseau d'entreprises qui, sous la houlette d'un orchestrateur, sont orientées vers la création de valeur commune. “ Oui, c’est ainsi que j’imagine la communauté SAP : les clients existants et les partenaires SAP prospèrent sous l’orchestration de notre SAP. Malheureusement, cette communauté fonctionne de moins en moins comme un système cybernétique et de gestion d’entreprise. Deux cas extrêmes à Heidelberg illustrent bien cette situation fâcheuse : le partenaire SAP SNP semble connaître un succès sans par (notamment grâce au soutien durable de SAP) ; le partenaire SAP cbs est quant à lui confronté à des conditions de marché difficiles, à l’instar d’All-for-one. D’un côté, une lumière éclatante ; de l’autre, une obscurité inquiétante.
Le contexte est difficile : SAP va dans la bonne direction, mais pas toujours en ligne droite, et son PDG, Christian Klein, avance à un rythme effréné. Ce qui était encore d’actualité hier (l’architecture North Star) est déjà dépassé aujourd’hui. Ce qui était encore hier un épicentre de la gestion des données (Datasphere) n’est plus aujourd’hui qu’une petite partie d’un nouvel univers (Business Data Cloud, Snowflake, Databricks et Dremio). Résultat : au sein de mon association, la DSAG, SAP BDC ne s’appelle plus que « Business Data Complexity ». Ce néologisme a été accueilli avec une grande satisfaction par mes collègues de la table ronde !
Dans le domaine de l'IA, la direction à suivre est claire, mais la stratégie de SAP reste mystérieuse. L'objectif est une « Autonomous Enterprise », qui pourrait également devenir une « Composable Enterprise » à terme. L'écosystème semble ici faire preuve de flexibilité. Outre l'ancien moteur de graphes issu de la plateforme HANA, SAP Knowledge Graph, ce sont naturellement Agentic AI et un LLM adapté qui permettront à SAP de concrétiser son projet d'« entreprise autonome ». Mais la manière dont SAP met en place le futur écosystème pour un ERP basé sur l’IA reste un mystère pour moi, en tant que client de longue date : pourquoi seulement quelques millions d’euros pour la start-up Nova Intelligence d’Alexander Zeier, mais des centaines de millions pour Prior Labs ? Ce comportement relève-t-il d’une stratégie ou de la jalousie ? Alexander Zeier a développé la base de données HANA avec Hasso Plattner à l’université de Potsdam. Il n’est jamais devenu membre du directoire de SAP. Après un passage très réussi chez Accenture, Alexander Zeier est désormais un jeune entrepreneur à la tête de Nova. Une présentation a également eu lieu dans nos locaux afin de résoudre le dilemme autour de SAP Clean Core. L’approche « Cleanfield » avec une plateforme d’IA « Agentic » de Nova m’a convaincu et j’y vois un risque majeur pour de nombreux partenaires SAP qui misent sur une simple conversion de code ABAP : l’IA divise la communauté des partenaires SAP – Brownfield, Greenfield, Bluefield ou Cleanfield ?
SAP montre la voie. SAP rachète d'autres entreprises. SAP coopère avec des entreprises spécialisées dans l'IA. SAP se réinvente, comme en témoigne son initiative « Autonomous Enterprise ». Mais SAP n'orchestre pas tout ! Certains partenaires SAP, comme SNP, tracent leur propre voie (Bluefield), tandis que d'autres sont emportés par le tourbillon des innovations. La situation au sein de l’écosystème est confuse, car les partenaires SAP tels que cbs manquent de ressources pour la communication et le partage des connaissances, comme me l’a rapporté le rédacteur en chef Färbinger.
Le groupe SAP peut-il faire ce qu'il veut, ou a-t-il également une responsabilité envers la communauté ? La communauté est-elle un écosystème qui devrait être orchestré par SAP ? Mes amis du « Stammtisch » n'ont pas d'avis tranché sur la question, ce qui est très rare. Les décisions d’investissement de SAP relèvent bien sûr entièrement de la responsabilité du directoire et du conseil de surveillance. Mais on souhaite davantage de transparence : pourquoi seulement quelques millions d’euros de capital-risque pour un concept « SAP Clean Core » de Nova, mais jusqu’à un milliard d’euros pour un éventuel nouveau LLM de Prior ? Faisant confiance à SAP, je pense qu’il existe un plan et une stratégie d’orchestration : mais moi aussi, en tant que DSI du groupe, je dois finaliser mon plan décennal et, pour cela, j’aurais bien besoin de plus d’informations de la part de SAP. Comment se présente notre parcours jusqu’à la date butoir provisoire de l’ECC en 2035 ? Oui, elle a encore été repoussée, passant de 2027 à 2030, puis à 2033, et enfin à 2035 ! Qui orchestre la communauté SAP et, en fin de compte, l’écosystème SAP, afin que nous puissions tous survivre ?
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