Étude : comment combler le fossé entre les sexes dans le domaine de l'IA ?


L'intelligence artificielle transforme le marché du travail. Ceux qui l'utilisent gagnent en efficacité, élargissent leur marge de manœuvre et améliorent leurs perspectives de carrière. La question de savoir si les femmes participent à cette dynamique sur un pied d'égalité ou si elles sont structurellement laissées pour compte constitue donc un enjeu central de notre époque en matière d'égalité. Afin d’examiner si de nouvelles inégalités se dessinent dans ce domaine et comment y remédier efficacement, l’IAB a mené, en collaboration avec l’Initiative D21, l’étude intitulée „ Digital Gender Gap – Thème central 2026 : l’intelligence artificielle “.
Alerte chez la génération Z+
L'analyse des données de l'indice numérique D21, représentatives de la population, révèle un écart significatif de 16 points de pourcentage entre les femmes et les hommes en matière d'utilisation de l'IA. Même en tenant compte des différences d’âge, de niveau d’éducation et de revenu du ménage, l’écart reste important et significatif, à 13 points de pourcentage. Ce constat est particulièrement alarmant chez les jeunes actifs : au sein de la génération Z+, c'est-à-dire les personnes nées entre 1996 et 2010, la moitié des hommes utilisent intensivement l'IA, contre moins d'un tiers des femmes du même groupe d'âge.
„ C’est précisément en matière de perspectives de carrière que l’écart de genre dans le domaine de l’IA est le plus marqué : il est urgent d’agir dans ce domaine “, explique Carola Burkert, chercheuse à l’IAB. „ En effet, tout comme pour l’écart salarial entre les sexes, ces schémas risquent de se pérenniser sans une intervention ciblée “, ajoute Katharina Diener, chercheuse à l’IAB. Lorsque des formations continues adaptées sont proposées, les salariés utilisent l’IA nettement plus souvent – et l’écart entre les sexes en matière d’IA perd statistiquement de son importance.

„ Les stratégies en matière d'IA devraient être axées sur les applications
” soient mises en œuvre. »
Britta Matthes,
Directrice du département de recherche,
Institut pour le marché du travail et
Recherche sur les métiers
„ Les stratégies en matière d’IA devraient être mises en œuvre de manière orientée vers les applications concrètes. Il est important que l’introduction de l’IA soit perçue comme utile pour accomplir des tâches professionnelles peu agréables “, explique Britta Matthes, directrice du département de recherche de l’IAB. La mise à disposition d’appareils numériques et d’une infrastructure adaptée ne suffit donc pas à elle seule. Certes, la nécessité d’utiliser Internet à des fins professionnelles ou les exigences numériques liées au poste augmentent globalement l’utilisation de l’IA, mais elles ne comblent pas pour autant l’écart entre les sexes en matière d’IA. Souvent, ce sont même les hommes qui profitent davantage de ces conditions.
Les hommes en bénéficient, pas les femmes
L'acquisition de connaissances, qu'elle soit initiée par les employés eux-mêmes ou financée par l'employeur, augmente considérablement la probabilité d'utilisation de l'IA. Il est particulièrement remarquable de constater que les femmes tirent un bénéfice supérieur à la moyenne de l’acquisition de compétences à leur propre initiative : leur utilisation de l’IA augmente de 15 points de pourcentage, contre 8 points de pourcentage chez les hommes. Les formations continues financées par l’employeur réduisent même l’écart entre les sexes en matière d’utilisation intensive de l’IA à seulement 1 point de pourcentage. L’apprentissage social, c’est-à-dire l’aide apportée par des collègues, la famille ou des amis, creuse en revanche cet écart : les hommes en tirent un bénéfice significatif, contrairement aux femmes. Les réseaux informels reproduisent ainsi les inégalités existantes.
„ Quiconque n'adapte pas la formation continue en entreprise de manière ciblée aux différents besoins et situations de départ de ses salariés finit par renforcer involontairement les inégalités au lieu de les éliminer “, souligne Sandy Jahn, chargée de mission « Strategic Insights and Analytics » au sein de l'Initiative D21.
(Source : Institut de recherche sur le marché du travail et les professions)




