{"id":166348,"date":"2026-09-10T09:41:00","date_gmt":"2026-09-10T07:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/e3mag.com\/?p=166348"},"modified":"2026-09-10T09:41:01","modified_gmt":"2026-09-10T07:41:01","slug":"sap-clean-core-au-savon-de-marseille-open-source","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/e3mag.com\/fr\/sap-clean-core-mit-open-source-kernseife\/","title":{"rendered":"SAP Clean Core et l'open source : le savon de Marseille"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">SAP ABAP Test Cockpit (ATC)<\/h2>\n\n\n\n<p>Alors que SAP ne cesse de pr\u00f4ner que le c\u0153ur num\u00e9rique d\u2019un S\/4 HANA doit rester intact, les clients existants sont confront\u00e9s \u00e0 des montagnes de codes personnalis\u00e9s (d\u00e9veloppements \u00ab Z \u00bb) accumul\u00e9s au fil du temps, qu\u2019il n\u2019est pas possible de supprimer d\u2019un simple clic. L\u2019outil de test standard ATC (ABAP Test Cockpit) s\u2019av\u00e8re souvent, dans la pratique, \u00eatre un juge impitoyable et rigide. Il submerge les d\u00e9veloppeurs d\u2019une avalanche d\u2019avertissements d\u00e8s qu\u2019ils acc\u00e8dent \u00e0 des objets internes \u00e0 SAP pour lesquels SAP ne fournit aucune garantie de stabilit\u00e9 \u2013 m\u00eame si ces acc\u00e8s fonctionnent de mani\u00e8re stable depuis des d\u00e9cennies et ne pr\u00e9sentent absolument aucun risque pour les processus m\u00e9tier du client.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce dilemme architectural, SAP a publi\u00e9 un outil dont le nom fr\u00f4le la satire : le projet \u201e Kernseife \u201c. D\u2019un point de vue critique, cet outil constitue l\u2019aveu officiel de SAP que ses propres m\u00e9thodes de mesure standard pour le \u00ab Clean Core \u00bb sont trop grossi\u00e8res, trop bureaucratiques et tout simplement inapplicables aux projets clients r\u00e9els. SAP a ici litt\u00e9ralement d\u00e9velopp\u00e9 du \u00ab savon pour le noyau sale \u00bb afin de rendre mesurable et g\u00e9rable l\u2019\u00e9norme probl\u00e8me de la dette technique historique.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Open Source : le savon de Marseille sur GitHub<\/h2>\n\n\n\n<p>D'un point de vue technique, le projet \u00ab Kernseife \u00bb est un outil open source publi\u00e9 en mai 2025, mis gratuitement \u00e0 la disposition des clients existants de SAP via la plateforme de d\u00e9veloppement GitHub (\u00e0 l'adresse github.com\/SAP\/project-kernseife).<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif de ce projet est d'am\u00e9liorer la mesure et le contr\u00f4le des directives \u00ab Clean Core \u00bb et de les rendre g\u00e9rables pour les \u00e9quipes de d\u00e9veloppement, notamment en termes d'extensibilit\u00e9 au sein des syst\u00e8mes S\/4 Private Cloud et sur site.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet outil comble une lacune fonctionnelle de l\u2019ABAP Test Cockpit standard en enrichissant les r\u00e8gles de test rigides de SAP d\u2019un syst\u00e8me de classification personnalis\u00e9 (Custom Classification). Le projet \u00ab Kernseife \u00bb se compose essentiellement de deux \u00e9l\u00e9ments : un cycle de test ATC adapt\u00e9, qui s'appuie sur les tests officiels SAP Clean Core ; et une matrice d'\u00e9valuation flexible qui permet aux d\u00e9veloppeurs de d\u00e9finir leurs propres classifications pour les objets ABAP.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Autonomie d'ABAP et de Clean Core<\/h2>\n\n\n\n<p>L'avantage d\u00e9cisif pour le client SAP existant r\u00e9side dans le fait qu'il retrouve le contr\u00f4le total sur l'\u00e9valuation de son code : lorsqu\u2019ATC signale par d\u00e9faut un acc\u00e8s \u00e0 un objet SAP interne comme une infraction dangereuse (ce qui entra\u00eene un d\u00e9luge d\u2019alertes), mais que SAP ne fournit pas lui-m\u00eame d\u2019informations d\u00e9taill\u00e9es sur cet objet, l\u2019entreprise peut d\u00e9finir, via le projet \u00ab Kernseife \u00bb : \u00ab Dans notre contexte m\u00e9tier sp\u00e9cifique, cet acc\u00e8s est stable et autoris\u00e9. \u00bb Dans ce cas, l\u2019outil remplace l\u2019alerte g\u00e9n\u00e9rique de SAP et emp\u00eache ainsi les d\u00e9veloppeurs de se noyer dans un flot infini de fausses alertes (false positives).<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Gouvernance et orchestration \u00ab Clean Core \u00bb avec du savon de Marseille<\/h2>\n\n\n\n<p>Le savon de Marseille ne r\u00e9pare pas le code, il rend simplement la salet\u00e9 g\u00e9rable : ce serait une erreur fatale de croire que l\u2019utilisation du projet \u00ab Savon de Marseille \u00bb nettoie automatiquement le syst\u00e8me. Cet outil est un pur instrument de mesure et de gouvernance. Il indique simplement aux utilisateurs de l\u2019ECC avec plus de pr\u00e9cision \u00e0 quel point le \u00ab noyau \u00bb est r\u00e9ellement \u00ab sale \u00bb et o\u00f9 se situent les v\u00e9ritables risques bloquants (modifications de niveau D), tandis que les anciennes dettes sans danger sont soigneusement masqu\u00e9es. Le travail co\u00fbteux de nettoyage du code et de refactorisation doit toujours \u00eatre effectu\u00e9 manuellement par les \u00e9quipes de d\u00e9veloppeurs ABAP ou via des plateformes d\u2019IA tierces telles que Nova Intelligence ou West Trax.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:0px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure data-wp-context=\"{&quot;imageId&quot;:&quot;6aa2721727c8b&quot;}\" data-wp-interactive=\"core\/image\" data-wp-key=\"6aa2721727c8b\" class=\"wp-block-image size-large wp-lightbox-container\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"670\" data-wp-class--hide=\"state.isContentHidden\" data-wp-class--show=\"state.isContentVisible\" data-wp-init=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on--click=\"actions.showLightbox\" data-wp-on--load=\"callbacks.setButtonStyles\" data-wp-on-window--resize=\"callbacks.setButtonStyles\" src=\"https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-1200x670.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-166352\" srcset=\"https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-1200x670.png 1200w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-400x223.png 400w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-768x429.png 768w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-100x56.png 100w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-480x268.png 480w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-640x357.png 640w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-720x402.png 720w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-960x536.png 960w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-1168x652.png 1168w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-1440x804.png 1440w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-scaled.png 1920w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-1536x857.png 1536w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-18x10.png 18w, https:\/\/e3mag.com\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/e3nl26kw37_grafik-1-600x335.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><button\n\t\t\tclass=\"lightbox-trigger\"\n\t\t\ttype=\"button\"\n\t\t\taria-haspopup=\"dialog\"\n\t\t\taria-label=\"Agrandir\"\n\t\t\tdata-wp-init=\"callbacks.initTriggerButton\"\n\t\t\tdata-wp-on--click=\"actions.showLightbox\"\n\t\t\tdata-wp-style--right=\"state.imageButtonRight\"\n\t\t\tdata-wp-style--top=\"state.imageButtonTop\"\n\t\t>\n\t\t\t<svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"12\" height=\"12\" fill=\"none\" viewbox=\"0 0 12 12\">\n\t\t\t\t<path fill=\"#fff\" d=\"M2 0a2 2 0 0 0-2 2v2h1.5V2a.5.5 0 0 1 .5-.5h2V0H2Zm2 10.5H2a.5.5 0 0 1-.5-.5V8H0v2a2 2 0 0 0 2 2h2v-1.5ZM8 12v-1.5h2a.5.5 0 0 0 .5-.5V8H12v2a2 2 0 0 1-2 2H8Zm2-12a2 2 0 0 1 2 2v2h-1.5V2a.5.5 0 0 0-.5-.5H8V0h2Z\" \/>\n\t\t\t<\/svg>\n\t\t<\/button><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>La mise en \u0153uvre du projet \u00ab Kernseife \u00bb n\u00e9cessite un Centre d\u2019expertise client (CCoE) op\u00e9rationnel ou une structure de gouvernance interne solide. L\u2019outil reposant sur des classifications sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque client, il est imp\u00e9ratif de d\u00e9finir qui, au sein de l\u2019entreprise, est habilit\u00e9 \u00e0 tol\u00e9rer de mani\u00e8re permanente une alerte SAP. Sans un processus de validation clair et sans responsables qualifi\u00e9s de l\u2019outil, le projet \u00ab Kernseife \u00bb risque de devenir un pr\u00e9texte permettant aux d\u00e9veloppeurs de se soustraire aux exigences \u00ab Clean Core \u00bb, certes douloureuses mais n\u00e9cessaires, en masquant simplement les r\u00e9sultats critiques \u00e0 l\u2019aide d\u2019une entr\u00e9e personnalis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Passage au cloud SAP<\/h2>\n\n\n\n<p>La promesse d\u2019une transition sans heurts vers le cloud SAP est devenue, dans les sph\u00e8res dirigeantes des entreprises allemandes, l\u2019un des mythes les plus co\u00fbteux de l\u2019histoire moderne des progiciels de gestion int\u00e9gr\u00e9e (ERP). Sous le slogan publicitaire accrocheur \u00ab Rise with SAP \u00bb, le groupe de logiciels vante sa S\/4 Cloud Private Edition comme une \u00e9tape interm\u00e9diaire sans risque pour tous les clients existants qui souhaitent allier la complexit\u00e9 technique d\u2019une solution sur site aux avantages suppos\u00e9s du cloud computing.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il existe un r\u00e9seau minutieusement con\u00e7u d\u2019\u00e9cueils commerciaux et de pressions financi\u00e8res qui transforme tr\u00e8s rapidement ce \u00ab cloud \u00bb s\u00e9duisant en un pi\u00e8ge financier mena\u00e7ant l\u2019existence m\u00eame de l\u2019entreprise. Du point de vue de la communaut\u00e9 SAP, il est indispensable de d\u00e9construire les m\u00e9canismes de ce pi\u00e8ge du cloud priv\u00e9 afin que les clients existants de S\/4 ne glissent pas les yeux grands ouverts vers une d\u00e9pendance financi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le point de rupture architectural de cette transformation commence d\u00e8s la base commerciale : le passage d'une d\u00e9pense d'investissement ponctuelle (CapEx) \u00e0 des co\u00fbts d'exploitation r\u00e9currents \u00e0 long terme (OpEx). Dans l\u2019univers traditionnel \u00ab sur site \u00bb, le client existant acqu\u00e9rait la propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 de ses licences logicielles. M\u00eame si une entreprise d\u00e9cidait de r\u00e9silier le co\u00fbteux contrat de maintenance avec SAP, le droit l\u00e9gal d\u2019utilisation du c\u0153ur du syst\u00e8me ERP restait \u00e0 jamais pr\u00e9serv\u00e9 dans le coffre-fort de l\u2019entreprise.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">S'\u00e9lever avec SAP<\/h2>\n\n\n\n<p>En adh\u00e9rant au programme Rise et en acceptant la conversion contractuelle qui y est associ\u00e9e, le client c\u00e8de toutefois irr\u00e9m\u00e9diablement ce bien pr\u00e9cieux \u00e0 \u00ab Himmelspforte \u00bb. Il passe du statut de fier propri\u00e9taire \u00e0 celui de locataire sans d\u00e9fense, dont les droits d\u2019utilisation s\u2019\u00e9teignent brusquement \u00e0 l\u2019expiration du contrat. Si, un jour, l\u2019entreprise ne pouvait plus ou ne voulait plus payer les frais d\u2019abonnement au cloud en forte hausse, elle risquerait de perdre tout contr\u00f4le : \u00e0 l\u2019expiration du contrat, le client ne disposerait plus que des donn\u00e9es brutes, nues et non structur\u00e9es, stock\u00e9es sur son disque dur. Sans les algorithmes SAP associ\u00e9s, qui restent dans le cloud, ces donn\u00e9es sont totalement inutiles pour les analyses de gestion et le fonctionnement quotidien. SAP ne pr\u00e9voit tout simplement pas de sortie du cloud.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau contrat de location est r\u00e9gi par le syst\u00e8me opaque des \u00ab Full Use Equivalents \u00bb (FUE). SAP pr\u00e9sente volontiers ce mod\u00e8le comme une solution flexible et lib\u00e9ratrice, qui permet aux entreprises de transf\u00e9rer dynamiquement des licences, au sein d\u2019un pool de valeurs pr\u00e9d\u00e9fini, entre diff\u00e9rents types d\u2019utilisateurs, tels que les utilisateurs \u00ab Core \u00bb ou \u00ab Advanced \u00bb. C'est pourtant dans cette nouvelle m\u00e9thode de mesure que se cache un pi\u00e8ge financier d\u00e9vastateur !<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9trique cloud, STAR et TCO<\/h2>\n\n\n\n<p>Alors que dans l'environnement ECC classique, l'octroi de licences reposait sur l'utilisation r\u00e9elle et mesurable du logiciel, SAP, dans l'environnement S\/4 Cloud, se base exclusivement sur les autorisations attribu\u00e9es dans le syst\u00e8me. \u00c9tant donn\u00e9 que, dans les environnements informatiques qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s de mani\u00e8re organique, les autorisations ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9reuse et incontr\u00f4l\u00e9e pendant des d\u00e9cennies, cette analyse bas\u00e9e sur les autorisations entra\u00eene, en cas de migration non pr\u00e9par\u00e9e, un surlicenciamento massif. Des experts ind\u00e9pendants mettent instamment en garde contre le fait que cette nouvelle m\u00e9trique cloud peut faire grimper les co\u00fbts de licence de 50 \u00e0 150 % \u2013 un chiffre alarmant \u2013, car m\u00eame les utilisateurs occasionnels se voient facturer des licences \u00ab Professional \u00bb ou \u00ab Advanced \u00bb co\u00fbteuses, simplement parce que le syst\u00e8me leur attribue des r\u00f4les aux pr\u00e9rogatives \u00e9tendues.<\/p>\n\n\n\n<p>Le service STAR propos\u00e9 par SAP (S\/4 Trusted Authorization Review) ne s'av\u00e8re en aucun cas \u00eatre un outil d'optimisation neutre, mais bien un outil de classification automatique qui attribue directement aux utilisateurs non classifi\u00e9s le type de licence le plus co\u00fbteux et sert ainsi de levier pour des acquisitions de licences suppl\u00e9mentaires on\u00e9reuses.<\/p>\n\n\n\n<p>La dynamique des prix fix\u00e9e contractuellement constitue un autre frein commercial. Les calculateurs de co\u00fbt total de possession (TCO) propos\u00e9s par SAP sugg\u00e8rent une structure de co\u00fbts stable \u00e0 long terme, mais omettent de mentionner, en petits caract\u00e8res, l'augmentation automatique et annuelle des frais de 3,3 % fixes, qui est indiqu\u00e9e sur le bon de commande selon le principe d'un loyer \u00e9chelonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la dur\u00e9e d'un contrat de cinq ans conforme aux pratiques du march\u00e9, cette majoration apparemment minime se traduit par une augmentation consid\u00e9rable des co\u00fbts, de pr\u00e8s de 18 %. Mais cette escalade financi\u00e8re atteint son paroxysme lorsqu'il s'agit de la disponibilit\u00e9 des syst\u00e8mes critiques pour l'activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Accord sur le niveau de service<\/h2>\n\n\n\n<p>Si le contrat de niveau de service (SLA) de 99,7 % inclus dans la version standard de SAP ne suffit pas au client existant de S\/4 \u2013 parce que, par exemple, dans une production \u00ab juste-in-time, chaque minute d\u2019indisponibilit\u00e9 du syst\u00e8me co\u00fbte des millions \u2013, et qu\u2019il exige une augmentation pour atteindre les 99,9 % habituels dans le secteur, SAP r\u00e9agit sans piti\u00e9. Pour cette augmentation minime de 0,2 %, le groupe exige une majoration astronomique de 50 % sur le montant total des frais contractuels annuels nets r\u00e9currents de tous les produits concern\u00e9s. Pour un environnement informatique modeste dont la valeur annuelle des licences Rise s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un million d\u2019euros, cela repr\u00e9sente des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires r\u00e9currents s\u2019\u00e9levant \u00e0 pas moins d\u2019un demi-million d\u2019euros par an \u2013 un rapport qualit\u00e9-prix sans \u00e9gal dans l\u2019ensemble du secteur informatique.<\/p>\n\n\n\n<p>La situation devient particuli\u00e8rement dramatique lorsque le client existant de Rise prend conscience des risques li\u00e9s \u00e0 une migration vers S\/4 : dans ce cas, SAP oblige ses clients \u00e0 effectuer un double paiement tr\u00e8s risqu\u00e9 ! Le client doit payer \u00e0 la fois pour le service de conversion et pour l'abonnement cloud en cours. Si, au cours du projet, des complications impr\u00e9vues surviennent, s'il y a une p\u00e9nurie aigu\u00eb de personnel qualifi\u00e9, voire un arr\u00eat complet du projet, la rigueur impitoyable du contrat de cloud se r\u00e9v\u00e8le alors dans toute son ampleur.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si SAP peut, par geste de bonne volont\u00e9, renoncer \u00e0 une partie des frais de conversion en cas d'abandon du projet, le client reste contractuellement tenu de payer int\u00e9gralement l'abonnement mensuel au cloud pour les syst\u00e8mes non utilis\u00e9s. Dans ce sc\u00e9nario, le client existant se retrouve face aux d\u00e9combres de son infrastructure informatique : le retour \u00e0 une solution sur site est impossible, car les licences ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 converties et d\u00e9truites, et la transition vers le cloud est bloqu\u00e9e en raison de l\u2019\u00e9chec du projet de migration, tandis que les frais de location mensuels continuent de s\u2019accumuler inexorablement.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une nouvelle technologie confront\u00e9e \u00e0 d'anciens probl\u00e8mes<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce syst\u00e8me s'accompagne d'une obligation sans compromis d'utiliser la base de donn\u00e9es HANA. Les clients qui ont exploit\u00e9 leurs syst\u00e8mes ERP pendant des d\u00e9cennies de mani\u00e8re \u00e9conomique et stable sur des bases de donn\u00e9es tierces telles qu'Oracle ou DB2 subissent une v\u00e9ritable expropriation lors du passage au cloud priv\u00e9 : SAP ne prend pas en compte la valeur des licences de base de donn\u00e9es existantes, qui expirent sans compensation, tandis qu\u2019une majoration substantielle, g\u00e9n\u00e9ralement de 15 %, est factur\u00e9e pour la base de donn\u00e9es Hana Runtime.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, quiconque tente de connecter de mani\u00e8re flexible ses flux de donn\u00e9es \u00e0 des syst\u00e8mes tiers ou \u00e0 des plateformes d\u2019IA modernes au sein d\u2019une cha\u00eene d\u2019approvisionnement interconnect\u00e9e se retrouve imm\u00e9diatement confront\u00e9 au prochain p\u00e9age appel\u00e9 \u00ab Digital Access \u00bb. Comme cette utilisation indirecte n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement pas incluse dans le Rise Private Cloud, chaque document cr\u00e9\u00e9 via des interfaces doit faire l\u2019objet d\u2019une licence suppl\u00e9mentaire. Quiconque souhaite y \u00e9chapper est contraint de recourir \u00e0 la Business Technology Platform (SAP BTP) et au Business Data Cloud (SAP BDC). Or, on y trouve des cr\u00e9dits opaques, payables d\u2019avance, qui expirent \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e contractuelle s\u2019ils ne sont pas utilis\u00e9s, tandis que tout d\u00e9passement est factur\u00e9 sans concession aux prix catalogue \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>D'un point de vue \u00e9conomique, SAP affirme que l'offre Rise dans le cloud priv\u00e9 permettrait de r\u00e9duire le co\u00fbt total de possession (TCO) jusqu'\u00e0 20 % par rapport \u00e0 une installation sur site classique. Cette affirmation r\u00e9siste toutefois rarement \u00e0 un examen approfondi, car elle repose g\u00e9n\u00e9ralement sur des hypoth\u00e8ses irr\u00e9alistes concernant les co\u00fbts inefficaces des centres de donn\u00e9es internes. En r\u00e9alit\u00e9, le passage au cloud priv\u00e9 entra\u00eene une transformation comptable, dans laquelle les immobilisations (CapEx) existantes sont converties en d\u00e9penses d\u2019exploitation (OpEx) permanentes et r\u00e9currentes. Ce processus est de fait irr\u00e9versible pour les clients SAP existants. En signant le contrat de cloud, l\u2019utilisateur ERP renonce \u00e0 ses pr\u00e9cieux droits d\u2019utilisation sur site, valables \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, et les \u00e9change contre un contrat de location volatile dans le cadre duquel, en cas de r\u00e9siliation, il se retrouve dans le pire des cas avec des donn\u00e9es brutes inutiles, d\u00e9pourvues des algorithmes d\u2019interpr\u00e9tation de SAP. Le passage \u00e0 la S\/4 Private Cloud Edition s\u2019av\u00e8re donc, \u00e0 presque tous les niveaux, un v\u00e9ritable champ de mines sur le plan \u00e9conomique. Quiconque se fie aux promesses des commerciaux de SAP sans strat\u00e9gie informatique solide, sans conseil juridique sp\u00e9cialis\u00e9, sans outils ind\u00e9pendants de mesure des licences et sans \u00ab savon de Marseille \u00bb, renonce non seulement \u00e0 sa souverainet\u00e9 num\u00e9rique, mais risque \u00e9galement une explosion incontr\u00f4lable du co\u00fbt total de possession pour les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La doctrine du \u00ab SAP Clean Core \u00bb a d\u00e9clench\u00e9, au sein de la communaut\u00e9 SAP, une v\u00e9ritable ru\u00e9e vers l'or pour les consultants et un profond d\u00e9sespoir chez les responsables informatiques. 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